Le Guide du PAX - Les Aplombs Postérieurs

 

 

Observation

L’aplomb des membres postérieurs s’apprécie de profil et de dos, à l’arrêt et en mouvement.

De dos, le cheval est posé en équilibre, les deux pieds à la même hauteur, si possible canons verticaux. On trace une ligne verticale virtuelle passant au milieu des deux talons et on observe la place par rapport à cette ligne du milieu du boulet, de la pointe du jarret et de l’axe de la cuisse (soit l’alignement paturon-canon-cuisse) (fig.21). Cet examen se fait à l’arrêt et en mouvement, en vue arrière, en ligne droite au pas et au trot. L’examen peut également être réalisé au galop monté.
De profil, l’examen se fait à l’arrêt, le canon étant vertical. On observe l’alignement entre l’axe médian du canon et la pointe de la croupe ainsi que l’angle formé entre l’axe du canon (c’est-à-dire la verticale s’il est bien placé) et l’axe de la cuisse. Cette dernière observation permet de mesurer l’ouverture du jarret. Il est intéressant d’observer le fonctionnement du membre postérieur de profil aux trois allures.

 

Caractérisation

De dos, comme pour les antérieurs, le cheval sera dit « panard » si l’axe du boulet est à l’intérieur de l’axe du pied et « cagneux » s’il est à l’extérieur. Le jarret sera « varus » s’il est à l’intérieur de l’axe vertical du boulet (fig.22) et « valgus » s’il est à l’extérieur (fig.23). 

De profil on dira que le jarret est « loin » si la ligne du canon vertical passe à l’arrière de la pointe de la fesse et « en place » si elle est tangente ou passe à l’avant de la pointe de la fesse.

Le jarret sera dit « coudé » si l’angle entre le canon vertical et l’axe de la cuisse est inférieur à 140° et de plus en plus « droit » au fur et à mesure qu’il approchera les 170°.

 

Signification

Le membre postérieur est également soumis à des contraintes importantes. Le cheval est, en principe, plutôt un animal à « propulsion »  et le membre postérieur est soumis aux contraintes de la poussée à chaque foulée des trois allures et principalement au moment de la poussée dans la phase de décollage du saut.
La rectitude des aplombs postérieurs permet une meilleure répartition des contraintes entre toutes les articulations.

De profil, la forme du jarret est à rapprocher de son mode de fonctionnement. La poussée ascensionnelle, utile aux trois allures et au décollage du saut, est d’autant plus forte que le jarret est engagé sous le corps du cheval au moment de l’appui maximum. Si cet appui, et donc l’effort, se poursuit alors que le jarret passe à l’arrière de la fesse, le dos se creuse et la poussée devient horizontale donc inefficace voire contre-productive.

La largeur du jarret à sa base et la solidité de son attache à la cuisse sont des gages de solidité et d’efficacité de son rôle amortisseur dans les contraintes subies par le membre postérieur. Un jarret coudé devra s’accompagner d’un engagement naturel irréprochable pour ne pas devenir un obstacle au travail. Un jarret plutôt droit favorisera naturellement l’engagement et la poussée verticale. Toutefois, du fait qu’il supportera plus de contraintes et jouera un moindre rôle d’amortisseur lors de la poussée, il augmentera le risque de pathologie de la partie distale du membre (extrémité). C’est pourquoi il est important d’apprécier l’aplomb postérieur en termes d’efficacité et donc d’observer le fonctionnement du membre aux trois allures.

 

Discussion

Comme pour le membre antérieur, la médecine et la maréchalerie peuvent contribuer à rectifier certaines défectuosités d’aplombs chez le poulain nouveau-né, mais également tout au long de sa vie. Plus encore que pour le membre antérieur, le travail du cavalier va être essentiel pour permettre au cheval d’utiliser au mieux ses membres postérieurs avec les aplombs et la conformation que la nature lui aura donnés.

S’il est indiscutable que la rectitude vue de dos est un atout dans tous les cas, en terme d’efficacité, une préférence pour le profil peut être accordée, aux jarrets plutôt droits, à condition que le supplément de contraintes auquel cela les soumet ne soit pas aggravé par un dos court et rigide. Les interactions sont nombreuses et, là encore, le dialogue entre l’éleveur et le cavalier est essentiel pour définir ce qui est le plus souhaitable au cas par cas.