Le Guide du PAX - Les Aplombs Antérieurs

 

 

Observation

L’aplomb des membres antérieurs s’observe de face et de profil. De face, le cheval est posé en équilibre, les deux pieds à la même hauteur. On trace une verticale partant de la pince du pied. Cela revient, si le cheval est bien ferré, à diviser en deux par le milieu le croissant de la troisième phalange.

On observe alors la place par rapport à cette ligne, du milieu du boulet, du milieu du genou et de la pointe de l’épaule (fig.17).

Cette observation se fait à l’arrêt et en mouvement, au pas et au trot, vus de face et de derrière. Pour ce dernier examen, la ligne verticale virtuelle passe au milieu des deux talons.

De profil, l’examen se fait à l’arrêt, le canon étant vertical. On observe l’alignement du canon, de l’avant du genou et du bras (métacarpien principal-carpe-radius).

 

Caractérisation

Pour les aplombs de face, le cheval sera dit « panard » si l’axe du boulet est à l’intérieur de l’axe du pied (fig.18) et « cagneux » s’il est à l’extérieur (fig.19).

Le genou sera « varus » si son axe est à l’intérieur de l’axe du boulet et  « valgus » s’il est à l’extérieur (fig.20). De profil, il sera creux si l’avant du carpe forme un angle aigu avec les axes du canon et du bras, en place si c’est un angle plat et brassicourt si c’est un angle obtus.

 

Signification

Le membre antérieur est sollicité au moment de la prise d’appui au début du saut (la « frappe ») ; il doit ensuite se plier pour permettre le franchissement de l’obstacle par l’avant-main. C’est à la réception qu’il est le plus durement sollicité. Il reçoit tout le poids du corps et doit aussitôt participer à la reprise d’équilibre en vue de l’effort suivant.

Le membre antérieur, du fait des contraintes qu’il subit, est le siège de beaucoup de pathologies locomotrices qui affectent ou empêchent la performance sportive.
Il serait prétentieux de vouloir les hiérarchiser, et même les lister, mais il est permis de dire que ces pathologies seront en moyenne moins nombreuses et moins aigues chez les chevaux disposant de bons aplombs.
Vus de face, on cherchera un alignement axe du pied, axe de boulet, pointe de l’épaule et on préférera un genou en léger valgus (à l’extérieur) plutôt que l’inverse.

Vus de profil, on cherchera un alignement du canon avec le bras, en préférant un cheval très légèrement brassicourt à un cheval avec le genou creux.

 

Discussion

Si la nécessité de bons aplombs est indiscutable et si l’impact sur la santé et la longévité sportive de mauvais aplombs est évidente, la prévisibilité génétique de ces défectuosités est incertaine.

L’orthopédie du jeune poulain, sous la pression des éleveurs PS et Trotteurs, a fait des progrès considérables et, entre les frictions, les interventions chirurgicales, les ondes de choc et la maréchalerie, il existe beaucoup de corrections spectaculaires réalisables dans les premiers mois de vie d’un foal.

On ne soulignera jamais assez combien la maréchalerie est un élément essentiel de la gestion du cheval athlète. Il faut évidemment préférer utiliser des juments avec de bons aplombs et les croiser avec des étalons similaires. Il faut aussi avoir dans son carnet d’adresses utiles celles d’un bon vétérinaire et d’un bon maréchal car rien n’est perdu pour un poulain « tordu » s’il est convenablement pris en charge.